Première détection de retombées de téphras par le réseau permanent de disdromètres du LMV-OPGC à l’Etna

Le 5 juillet 2026, le réseau de disdromètres (Laser Precipitation Monitors ; LPM sur la Fig. 1a) du LMV-OPGC installé sur le flanc sud-est de l’Etna a enregistré sa première séquence de retombées de cendres depuis son installation en octobre 2025.
Figure 1: a) Carte du réseau LPM sur le flanc sud-est de l’Etna avec deux stations LPM1 et LPM2 situées respectivement à Nicolosi et Catane. b) Photo du disdromètre LPM2 à Catane. c) Emission de cendres du cratère Voragine à 7h45 (heure locale) vue par caméra visible (Source: INGV-OE).

Suite à une activité explosive sommitale de l’Etna (cratère La Voragine) générant un panache de cendres dispersé en continu vers le sud-est, des retombées de cendres ont été détectées à Catane (à 25 km de l’Etna ; Fig. 1a et 1b) approximativement 2 heures après le début de l’activité (Fig. 1c). Sur toute la journée, le disdromètre LPM2 de Catane a mesuré deux événements de retombées de cendres fines (Fig. 2a) généralement inférieures à 0.40 mm (Fig. 2b). Les taux de sédimentation compris entre 10-7 à 10-6 kg/m²/s indiquent des retombées de petite intensité produisant une accumulation de particules au sol journalière de 16.1 g/m². Malgré la faible intensité de ces retombées, l’aéroport international de Catane a été fortement perturbé et des vols ont été annulés.

Les données du réseau transmises en direct à l’OPGC et traitées quotidiennement ont pour but de quantifier en temps réel et de comprendre la dynamique des retombées de cendres à l’Etna mais aussi de contraindre les prévisions des modèles numériques des zones d’impact au sol des retombées en opérationnel. Le réseau, créé et géré par V. Freret-Lorgeril, T. Latchimy et P. Cacault, a jusqu’ici été financé par le Service National d’Observations en Volcanologie (SNOV), le Labex ClerVolc ainsi que le LMV. Toutes les données seront mises à disposition via le service d’observation VOLDORAD (VOLcano DOppler RAdars and Disdrometers) avant la fin de l’année.

Figure 2: a) Nombre de particules détectées par le LPM2 avec une résolution de 5 min. b) Valeurs médiane Mdϕ* (mm) des distributions granulométriques calculées chaque minute. c) Taux de sédimentation moyennés sur 1 minute (ligne bleue) et accumulation au sol en g/m² (ligne rouge). Les accumulations sont exprimée en g/m² pour faciliter la comparaison avec les valeurs prédites par l’INGV-OE. La ligne verticale sépare les deux événements de retombées.